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Scandalisé moi? Nan

J’aime ne pas être aimé par des gens que je n’aime pas, c’est un régal, une jouissance de chaque instant. Alors si les farfadets inconsistants de la NVA n’ont rien de mieux à faire que de cracher leur venin sur les francophones juste parce qu’ils sont francophones, qu’ils se lâchent carrément. Allez les gars, doe maar!

Être considéré comme un junkie, comme le dernier des profiteurs par les fonds de tiroirs nationalistes est un honneur dont nous devrions tous nous délecter. Qu’est-ce qu’ils nous disent finalement ces gros bruns de la NVA? Que nous ne sommes pas comme eux, que nous sommes leur antithèse, leur contraire, leur opposé et tout les synonymes que tu veux. Devant une si parfaite antinomie, que voulez-vous donc qu’ils pensent d’autres? Bien entendu, la manière de l’exprimer est un tantinet borderline, mais c’est normal: ce sont des na-tio-na-lis-tes. Et le propre du nationalisme, c’est de haïr, de conchier la différence, de repérer un ennemi extérieur et de le flinguer. Clair qu’ils ont sorti la sulfateuse, mais franchement de la part d’une bande pareille vous vous attendiez à quoi, intelligence et finesse? Allons, allons.

J’entends dire par ci par là qu’ils disent des gros mensonges. Certes mais la NVA doit bien la vendre cette soupe, il lui faut donc un ennemi. Pourquoi nous? Ne cherchez pas, c’est juste parce qu’on n’est pas loin. Ils ne vont tout de même pas aller chercher l’ennemi, je ne sais pas moi, chez les guaranis de la forêt amazonienne ou chez les peuls. Ils passeraient tout de suite pour des clowns alors qu’avec les francophones qu’ils ont sous la main, à portée d’injures et de mensonges, ils passeront aussi pour des clowns quand les flamands se réveilleront mais ils auront eu le temps de faire des beaux gros dégâts avant. Ils veulent un état homogène, avec pleins de bons flamands dedans, sans tâches d’huile (mais avec du gras quand même). Ils se trouvent une « identité forte », concept à la mode repris entre autres par un nain de nos voisins. Et quel est le fondement de l’identité? La haine de ce qui n’est pas pareil. Haine que tu vas cultiver à l’encontre de tout ce qui n’est pas pareil et surtout à l’encontre de l’ennemi désigné.

Dans une interview, gros Bart (dis Bart, tu permets que je t’appelle gros Bart hein, vu que tes potes le font déjà avec plein de « Vrienden Van Den Dikke » tout mignons, enfin c’est Kim Geybels, ton ancienne sénatrice un peu olé olé qui le dit), dans une interview écrivais-je, gros Bart a déclaré que vivant comme un flamand ordinaire, il les comprenait, il pouvait facilement savoir ce que pense le flamand ordinaire. Tu piges lecteur? Bart est LE flamand selon Bart, la quintessence flamoutche à l’état pur. Tu le renifles et te voilà porté vers les hauteurs de l’azur flandrien ordinaire. Parce qu’il aime l’ordinaire notre Bart, c’est ce qui le porte (enfin…)

Et moi, pauvre tâcheron francophone qui avait toujours pensé que la plupart des flamands qu’il avait rencontrés étaient assez extraordinaires. Ben non, dans l’évangile selon saint Bart, que de l’ordinaire. Alors les artistes flamands (je ne les cite pas, je ne voudrais pas qu’ils aient des problèmes), au bac. Les intellectuels flamands (romanciers, journalistes, universitaires), au bac. On va rester entre gens ordinaires. Le credo de Bart, rien qui dépasse.

Et vous voudriez sérieusement que je me scandalise? Pfff. A moins que…

A moins d’être flamand. Dans ce cas là, on peut comprendre que se voir assimilé aux nationalistes pousse à crier au scandale. Mais tous ces flamands réellement, sincèrement scandalisés, ceux qui n’ont pas voté NVA (et même dans le tas, ceux qui commencent à se rendre compte qu’ils se sont planté), ceux qui ont défilé le jour de la manifestation shame, ceux là, on ne les entend pas, on ne les voit pas principalement parce qu’une bonne part de la presse flamande est actuellement aux ordres et ne leur laisse quasiment aucun espace pour s’exprimer. Pourtant ils sont là, ils portent des panneaux fait main sur lesquels on lit « Bart, ik ben een slechte vlaams, ik ben solidair », ils chantent des chansons (merci Daan), ils envoient des gros « fuck » (merci Arno), ils gueulent au parlement flamand en entendant un discours nationaliste puant comme il se doit (merci Els Ampe).

Si vous me permettez ce belgicisme, eux ils ont vraiment dur car ils doivent faire face à la fois aux simplets haineux qui les taxent de traîtrise à la cause et aux francophones parmi nous qui mettent à tort tous les flamands dans le même panier.

Eux, il faut les soutenir parce qu’ils sont l’avenir de la Flandre que nous aimons